En s’illustrant dans de nombreux trails et ultra-trails, Eric a passé sa vie à démontrer les ressources inépuisables et fantastiques du corps humain. Pourtant, en 2019, cet athlète de haut niveau, entraîneur et directeur du SUAPS à la Réunion, s’est vu diagnostiquer une crise cardiaque. Son artère principale était bouchée à 90%.

Comment est-ce possible pour quelqu’un qui s’entraîne tous les jours et s’astreint à une hygiène de vie exemplaire ? La compétition ultime pour exister, la pression des réseaux sociaux, l’envie d’en faire toujours plus, d’en avoir toujours plus, pour quoi au final ? Le besoin d’être aimé. Tous ces stress qui suractivent le système nerveux sympathique, fatiguent la machine et l’empêchent d’assurer ses fonctions de base.

Ce puissant wake up call a poussé Eric à remettre en question ses habitudes et son rapport au monde. Il s’est intéressé aux neurosciences et à la prépa mentale pour comprendre ce qui met en mouvement les humains ou au contraire les freine dans leurs efforts. En résulte un condensé de sagesse, de sciences, et d’expériences de vie, partagé avec authenticité dans cet épisode riche de près de 3h.

Eric Lacroix

Sommaire

01:45 – Tour d’inclusion et présentation d’Eric Lacroix
30:58 – L’importance de la rivalité mimétique dans notre construction sociale
58:55 – Les preuves sociales VS l’authenticité
1:18:35 – Être minimaliste pour le bien-être de notre cerveau ?
1:46:57 – L’ultra-performance trail & course à pied
2:24:19 – Routine & hacks d’Eric
2:28:30 – Conseil aux parents
2:29:58 – Les rêves d’Eric
2:31:40 – Livre, invité recommandé & check-out

L’échange en vidéo :

Citations :

À propos du stress : 

  • Le stress est physiologique, mais il a des répercussions, notamment sur les décisions ;
  • Les effets du stress pourraient faire vriller le cœur et avoir des répercussions, selon une étude japonaise ;
  • Le stress est lié à une mauvaise alimentation, à la pollution et à la sédentarité/sport à l’extrême ;
  • Concernant l’épigénétique, on a une mémoire de nos ancêtres. De mon côté, j’ai des gènes d’anxiété ;
  • L’angoisse, c’est la peur du néant ;
  • Si on n’a pas fait un travail sur soi-même, on ne peut pas être bien avec les autres. 

À propos de la rivalité mimétique, des preuves sociales et de l’authenticité : 

  • La rivalité mimétique est très importante : on a besoin de lien social et on se construit avec altérité ;
  • Dès notre naissance, nous sommes jaloux ;
  • La rivalité peut bien se passer avec de la nuance ;
  • Dans notre société, on rend envieux les autres, notamment avec les réseaux sociaux. Il faut faire un travail sur soi pour ne pas en souffrir et ne pas détruire l’autre ;
  • Sur les réseaux sociaux, on ne présente pas la vraie vie. Et notre vie peut paraître nulle et déprimante ;
  • On est tous des êtres fragiles et vulnérables ;
  • On a oublié qu’on avait des capacités d’adaptation énormes. On doit être des enquêteurs d’un scénario de vie qu’on va mettre en place ;
  • On peut faire quelque chose de très dangereux avec peu de risque et à l’inverse, faire quelque chose de peu dangereux et très risqué ;
  • En tant qu’être humain, on a envie de trouver des raccourcis, des recettes magiques. Alors qu’il faut tester par soi-même, et adapter selon qui on est ;
  • Ce n’est qu’avec le temps qu’on peut trouver notre chemin. La construction d’un homme est un chemin infini, où il ne faut pas chercher la perfection, mais s’adapter et se remettre en question ;
  • On fait croire qu’on va être tous égaux. Le sel de la vie est basé aussi sur l’inégalité dans certains secteurs. C’est comme ça qu’on s’engage, qu’on se construit. Rien n’est plat. Si on était tous des êtres parfaits, on basculerait dans l’ennui qui génère l’angoisse et l’anxiété. On a tous une place, mais il faut aller la trouver et la chercher ;
  • La représentation de soi-même est l‘une des clés pour se sentir bien et heureux ;
  • L’erreur et la culture de l’échec sont peu présente en France, mais ô combien importante ;
  • On passe notre vie à travailler pour s’acheter des preuves sociales ;
  • La construction identitaire est basée sur les valeurs qu’on veut partager. L’authenticité, c’est le travail de sa transcendance, un travail philosophique ;

À propos de l’ultra-performance, trail & course à pied : 

  • Ce n’est pas parce que tu es sportif que rien ne peut t’arriver ; 
  • Dans toutes les difficultés se trouvent des opportunités ; 
  • On est né pour bouger, pour explorer. On oublie parfois qu’on est doué de possibilités de mouvements qui nous permettent d’explorer et de rester mobile ; 
  • L’effort, c’est comme la performance, il faut l’individualiser ; 
  • Il a trois types de fatigue : périphérique musculaire, du système nerveux central & la surcharge mentale ;
  • Notre cerveau consomme beaucoup, il faut lui laisser des temps de repos ; 
  • La respiration est une arme de construction massive ; 
  • La course à pied est excellente pour la mémoire et le développement du côté créatif ; 
  • Nous ne sommes pas nés pour courir, mais pour bouger ; 
  • Le fait de marcher c’est naturel alors que courir c’est génétique ;
  • On a un système de sudation qui s’est mis en place à l’inverse des animaux. On pouvait donc chasser les animaux jusqu’à ce qu’ils s’épuisent ; 
  • Le corps humain peut faire des choses exceptionnelles ;
  • On s’est rendu compte que c’est plus dangereux de s’entraîner à l’ultra marathon qu’à l’ultra-trail ;
  • Dans les trails en montagne, ce sont les descentes qui sont génératrices de stress mécanique. Un coureur de marathon prend plus de risques pour sa santé ; 
  • Tu ne peux pas dire que tu as du mental si tu n’as pas travaillé ton corps ; 
  • Dans l’ultra trail, il faut accepter la douleur. Le corps se reconstruit si on sait ralentir l’allure par exemple. Après la course, le corps a encore de la force. On a dévalorisé la marche alors que c’est important ; 
  • Ce qu’il faut travailler, c’est le signal cellulaire de l’endurance. Si on ne travaille pas assez ou trop le muscle, il ne va pas progresser. Il faut trouver le bon signal cellulaire, que ce soit à l’entraînement ou en piste ; 
  • L’outil le plus important est la méthode du ressenti : on évite ainsi des phases de surentrainement et de surcharge mentale.

La routine d’Eric (ou mode d’existence) :

  • Le matin, c’est 1h à 1h15 de footing en écoutant des podcasts ;
  • La bienveillance, je la mets avec l’exigence dans mon travail ;
  • Le soir, c’est apéro en famille et avec mes deux bouledogues français ;
  • L’art du questionnement : je me questionne sur ce qui s’est passé dans la journée ;
  • Je fais des exercices de respiration et de contemplation ;
  • Il n’y a pas de recette miracle, il faut se construire sa routine et cela prend du temps ; 
  • Le problème des routines, c’est l’imprévu, donc il faut garder une flexibilité ;

Conseils aux parents :

  • Profitez à fond ;
  • Mettez-les dans un contexte dans lequel ils peuvent s’exprimer sans vouloir en faire une version rêvée de nous-même.

Les trois rêves d’Eric :

  • Accompagner mes enfants dans leurs rêves ;
  • Une bonne santé pour la famille ;
  • Écrire un nouvel ouvrage.

Livre et invité recommandé :

Ressources :

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